Le “Burn-Out” du Disciple.

Le témoignage que je m’apprête à rendre est particulièrement difficile à raconter. Il m’oblige à me replonger dans une saison de ma vie qui fut particulièrement compliquée. Mais les leçons que j’en ai tirées me semblent tellement importantes que j’entends me faire violence, dans l’espérance qu’en racontant authentiquement mon histoire, vous puissiez être édifiés à votre tour…


C’était en 2018… Je dirigeais une fraternité que j’avais cofondée, dans le but de soutenir la pastorale de l’église en faveur des jeunes adultes. Une mission qui faisait ma joie ! Toutefois, aussi exaltante que pouvait être cette œuvre, elle ne s’était pas construite sans heurts. Beaucoup de sacrifices, d’oppositions, mais aussi de déceptions avaient jalonné ma route. Des difficultés que j’avais encaissées, manifestement sans les “traiter”, et qui finirent par me rattraper…

Ainsi, alors qu’un soir une amie et collaboratrice me transmit l’une des tâches que je devais réaliser, je fus surpris de sentir des larmes me monter aux yeux et perler subitement sur mes joues.


Qu’était-il en train de m’arriver ? Je ne comprenais pas…

Je découvris, hagard, que quelque chose ou quelqu’un à l’intérieur de moi était en peine. Comment était-ce possible ? Je ne savais pas, mais les faits étaient là ! Il y avait en moi une dichotomie. Mon être extérieur « performait » mais mon être intérieur ou mon âme, que sais-je, souffrait. Je décidai donc de faire mon introspection et d’exposer mon cœur à la lumière du Seigneur. Dans la prière, je découvris qu’en réalité, sous mes apparences de leader passionné, j’étais frustré, blessé et fatigué ! Des sentiments que, porté par mon désir de réussir  et d’être un “bon serviteur”, je négligeais tout simplement. 

• • •

Il finit par me sembler évident que je devais prendre du recul et réévaluer mes choix. Mais la perspective de cette décision fit monter en moi toutes sortes de questionnements et de craintes : n’était-ce pas un aveu d’échec ? N’était-ce pas me montrer en dessous des attentes placées en moi ? Abandonner ceux dont j’estimais avoir la charge ? Tout en moi se mêlaient, peur, honte et culpabilité : peur de décevoir, honte de n’être finalement pas invulnérable, culpabilité vis-à-vis de ceux qui me prenaient en exemple.

Bref, c’était dur et je crois qu’en vérité, c’est moi-même que j’avais le sentiment de décevoir. Dieu, lui, n’en avait rien à faire de mes performances. Je n’avais pas à essayer d’être parfait tout le temps. Tout ça, n’était que le fruit de mes propres croyances…

“Depuis les lointains, le Seigneur m’est apparu : Je t’aime d’un amour éternel”

(Jérémie 31,3)

Plus je comprenais que l’amour véritable était un don gratuit, inconditionnel et irrévocable, plus je réévaluais mon rapport à la mission, à la performance et au succès ! Je finis par comprendre qu’il ne servirait à rien de gagner même le monde entier au Christ, si je devais perdre mon âme en chemin. Du haut de mes désirs de puissance, je devais apprendre à accepter mes limites, à demander de l’aide, à savoir m’arrêter, au risque de développer de l’amertume et de me consumer à petit feu.

En effet, ce n’est pas tant ce qu’on fait qui compte, mais nos motivations profondes ; et c’est le lieu d’un discernement permanent. Quel que soit notre lieu de mission ou de service, il faut veiller sur son cœur et écouter notre “hôte intérieur” : l’Esprit-Saint.

Car les écritures nous disent que c’est du cœur que coulent les flots de la vie (Pr 4,23) et si nous n’avons pas pour moteur la charité, nos grandes actions ne sont que des artifices. Des cymbales qui retentissent, mais qui pour finir ne servent à rien ! Ainsi bien-aimé(e), je prie que tu prospères à tous égards, mais pas au détriment de ton âme !

« J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. »

(1 corinthiens 13,3)

POUR NE JAMAIS MANQUER UNE PUBLICATION 👇

Photo by Gift Habeshaw on Unsplash

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Vous Aimerez Aussi