Joseph d’Arimathie et le courage de témoigner

Nous voici dans la Semaine Sainte, à la fin du temps de Carême. Un temps favorable à la conversion et au renouvellement de notre Amour pour le Christ, où nous sommes invités à revenir à Notre Premier Amour. Au cours des chemins de croix qui meublent ce temps, j’ai été particulièrement sensible ces jours-ci à la figure de Joseph d’Arithmatie.

De sa vie, les Saintes Écritures nous disent très peu. Cependant, ce qu’elles révèlent nous indiquent qu’il était un disciple du Christ, mais en secret

Une apparente lâcheté…

Petit, ce Joseph ne m’inspirait que du mépris ; au regard de son apparente lâcheté, de son incapacité à se proclamer ouvertement disciple de Jésus, comme le firent les autres. Mais aujourd’hui, conscient aussi peut-être de mes propres lâchetés, de mes propres incapacités à l’unité de vie, à vivre en chrétien tous les jours et partout, je ne peux que le comprendre… 

Pour rappel, Joseph d’Arimathie est membre de l’aristocratie gouvernementale juive (le sanhédrin). Cette situation sociale est facilement, de tout temps, celle où les compromis sont les plus faciles : le « qu’en dira-t-on » fonde notre agir au gré de nos intérêts. Le maître ne disait-il pas qu’il est difficile à un riche d’entrer dans le Royaume ? (Mt 19,24). Comment donc ne pas le comprendre aujourd’hui ?

Cependant, le voici présent à la mort du maître. Un dicton tristement célèbre qui dit que c’est dans la souffrance que l’on connait ses vrais amis. Ainsi, en ce moment décisif où tous l’ont abandonné, lui, révèle finalement son identité et réclame le corps du Christ à Pilate pour l’ensevelissement dans le tombeau tout neuf qu’il s’est fait creuser dans la roche (Mt 27, 57-60). À cet effet, il est réellement un vrai disciple ; se rendant impur aux yeux de la tradition juive pour la pâque en participant à cet ensevelissement. 

Tous disciples, mais chacun à sa façon

De cette courte intervention, de multiples enseignements peuvent être décelés. Particulièrement, ce que je retiens, c’est qu’il n’y a pas qu’une seule manière de suivre le Christ. Chacun selon son rang, sa spécificité, son histoire, son expérience, est appelé à faire un chemin avec le Maître. Lui, le Christ nous rejoint toujours sur nos chemins, pour nous rencontrer, pour nous aimer. D’ailleurs, l’Évangile est l’histoire d’une relation que le Christ entretient toujours de façon personnelle avec chacune des personnes qui se présente à lui.

D’ailleurs, est-il possible de voir en l’action de Nicodème, cet autre disciple secret, une véritable maturation progressive de la foi. Lui qui jadis venait voir Jésus de nuit, désormais se joint publiquement à Joseph d’Arithmatie pour réclamer le corps de Jésus à Pilate.


Photo : JD Mason 

Joseph d’Arithmatie nous montre aussi le chemin d’un apostolat au milieu du monde. Son appel était différent, son histoire était particulière, sa conversion probablement progressive, mais au moment de porter sa Croix, il l’assumera avec fierté. Au milieu du monde, par son travail et grâce à sa position sociale, il fera ensevelir le corps de Jésus avec dignité. Ainsi, même dans la discrétion, sans bruit ni projecteur, on peut être sel et lumière pour le monde. Par l’excellence dans le travail, l’accomplissement de ses devoirs moraux, sociaux, et surtout, la volonté de faire resplendir l’Évangile dans le milieu dans lequel on intervient. 

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Notre vocation est toujours unique ; elle ne ressemble à aucune autre. La véritable et seule réponse à cet appel est de pouvoir y répondre fidèlement lorsque vient le moment. Que notre foi ne défaille point !

« Ouvre mes yeux, Seigneur
Aux merveilles de ton amour
Je suis l’aveugle sur le chemin
Guéris-moi, je veux te voir

Fais que je marche, Seigneur
Aussi dur que soit le chemin
Je veux te suivre jusqu’à la croix
Viens me prendre par la main

Garde ma foi, Seigneur
Tant de voix proclament ta mort
Quand vient le soir et le poids du jour
Ô seigneur reste avec moi »

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