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Josée Journal Semaine Sainte

Tombée dans la grâce

Le 3 janvier 2017 reste pour moi une date inoubliable ! Une date qui me rappelle que la gloire de Dieu demeure, même lorsque tout semble anéanti…

En effet, alors que trois jours plus tôt je me faisais refuser à la dernière minute mon passage sur une émission télé, dans le cadre de la promotion de mon premier livre, Le Seigneur ne se tu pas et me fit la grâce d’être reçue, de manière inopinée, sur un autre plateau. 

C’était le plateau de l’émission C’midi, un talk-show ivoirien suivi un peu partout en Afrique francophone et dans la diaspora. J’eu l’honneur d’y être interrogée sur mon livre mais également sur mon parcours. C’était plus que je ne pouvais demander…

Cette émission a été pour moi une belle revanche, au vu des larmes qui avaient été les miennes quelque jours auparavant. Ceci-dit, ce plateau a été également annonciateur d’une autre gloire que j’expérimenterais au cours de l’année et jusqu’à ce jour, mais de manière assez paradoxale…

En effet au cours de l’émission, l’un des chroniqueurs, docteur Philo , me demanda ceci : 

« Est-ce que vous pensez à votre chute ? Est-ce que vous ne vous dites pas quelque part que c’est une bombe à retardement? Il [Dieu] vous a monté et puis un jour BAM ! Est-ce que vous ne pensez pas à ça ? Je me mets dans la peau de l’homme de la rue, du pessimiste, qui se dit… Ah ! La manière dont Dieu a fait monter la fille-là, est-ce qu’il ne va pas la faire descendre ? Est-ce que vous préparez votre chute? »

Quelle question… J’essayai d’y répondre tant bien que mal, et en toute sincérité. Ceci dit, je réalise avec le recul que ma réponse était empreinte d’une conception erronée de la chute. Une conception  qui traduisait l’une de mes plus grandes peurs : la peur de l’échec ! 

La question du chroniqueur se révèlera prophétique et je ne tarderais effectivement pas à vivre un effondrement qui m’obligera à me confronter à cette peur de l’échec. Je postulais à ce moment là pour un programme de doctorat auquel je ne fut malheureusement pas admise, mon directeur ne pouvant plus prendre d’étudiants en supervision… Quel brisement ça a été ! Je me sentais tomber BAM ! Comme Dr Philo le disait si bien… Mais en même temps, dans cette douleur qui venait remettre en question mon identité car m’identifiant malheureusement à mes succès, le Seigneur me consola, ne cessant de me dire que tout ceci me mènerait à Sa perfection. 

Cette consolation reçue de Dieu fut un véritable oasis et elle mit en déroute l’insinuation (je crois inconsciente) de Dr Philo, celle que Dieu me laisserait tomber, en me faisant tomber… 

En effet dans cette expérience, c’est cette idée même qui a été brisée car Dieu, s’est révélé être un Papa qui si chute il y a, se laisse Lui-même tomber plus bas que nous, afin de nous rattraper… 

Il est vrai que j’ai eu du mal à comprendre de quelle perfection Il parlait. Mais j’ai fini par réaliser au gré des jours et des mois, que cette perfection était de vivre dans une confiance totale en son Amour. 

Ainsi, ce brisement aussi douloureux soit-il, se révéla être une grâce. Cette expérience aura brisé mon ego, brisé les mensonges que j’avais sur mon identité, brisé ma conception de l’échec et de la chute.

Qu’est-ce donc en définitive que l’échec ?

Bien souvent et comme dans le Larousse, nous définissons comme échec, tout ce que nous n’obtenons pas, et dans la même veine, tout ce qui ne se plie pas à notre volonté. Le succès suppose ainsi d’avoir tout ce que l’on veut. Sauf que ces définitions du succès et de l’échec sont « un peu beaucoup » erronées🙅🏾‍♀️. 

Derrière ces définitions, nous désirons implicitement une vie qui ne connaitrait pas de limite ni de contrariété, une vie dans laquelle tout au final nous est dû. Une vie où l’on entendrait que des « oui » et « amen », signifiant que notre volonté soit faite…

N’est-ce pas le fantasme de l’enfant-roi (ou de l’enfant gâté) ? Voir de la toute-puissance ?

Bref, l’idée d’une telle vie est mensongère car l’enseignement que Dieu nous donne depuis la genèse jusqu’aux béatitudes (Matthieu 5), c’est que nous ne devenons pleinement épanouis, pleinement « successful », que lorsque nous acceptons la limite, et que dans cette limite nous nous ouvrons à Dieu, source de tout bien… 

Ainsi dans ce qui apparait comme une fatalité ou une humiliation pour le monde, se cache une porte pour la grâce. Dans ce que j’ai vécu comme un « refus » se cachait la grâce de la découverte de mon identité véritable, la grâce d’une expérience transformante dans le Christ, la grâce d’une plus grande confiance en Dieu, d’une plus grande maturité et plus tard, d’un programme doctoral bien meilleur, comblant plus parfaitement encore les désirs de mon coeur.

En définitive, Les calculs de Dieu défient notre logique. Avec Lui, si l’on veut être multipliés (épanouis), ils nous faut accepter d’être rompus, comme le Christ ! Lorsqu’on est rompu pour être multiplié, l’on devient une action de grâce vivante, en d’autres mots, une eucharistie vivante, à l’exemple de Jésus !

Alors, j’aimerais vous encourager à ne pas avoir peur de l’échec , mais de l’assumer dans l’espérance de la Pâques de notre Seigneur Jésus-Christ, Lui dont la passion tragique est devenue chemin de résurrection et de vie éternelle.

Photo par Bruce Christianson sur Unsplash

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