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Diamond Janys José-Maria Journal

Le Pardon, la véritable Justice !

« Le pardon se refuse à la fausse indulgence car il est foi en la dignité de la liberté humaine » – Xavier Thévenot

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Le pardon est une réalité à laquelle nous sommes tous confrontés au quotidien, dans les petites ou les grandes choses, au banc des offenseurs comme des offensés. Pourtant, pardonner tout comme demander pardon n’est pas évident car dans nos cœurs se déroulent maints procès durant lesquels nous adoptons des postures de juge avec des cœurs réfractaires. Cela dit, pour un cœur (humain) épris de justice, pardonner peut sembler contradictoire voire impossible tant il y a de flous et d’amalgames autour de cette notion. Ainsi, à travers nos regards croisés, nous souhaitons aujourd’hui vous replonger au cœur de cette « sentence rédemptrice », trésor divin et signe distinctif de notre foi chrétienne qu’est le Pardon.

Pardonner selon le modèle du Christ est une démarche qui s’entreprend avec humilité, lucidité et réalisme. Il ne s’agit pas de nier l’offense et la blessure ni de tolérer le mal, encore moins faire preuve de fausse indulgence. Le pardon est un acte d’amour surnaturel et de vérité. Il est souvent le fruit d’un travail de conversion, d’un retournement de la conscience…

« Nous ne sommes pas la somme de nos faiblesses et de nos échecs, nous sommes la somme de l’amour du Père pour nous et de notre capacité réelle à devenir l’image de son Fils Jésus. » – Pape Jean Paul II

Cette belle phrase de Saint Jean Paul II nous révèle quelque chose de profond. Nous sommes plus grand que nos fautes, tous autant que nous sommes. Nous et ceux qui nous ont offensé. D’ailleurs parce que nous sommes tous de potentiels offenseurs, nous avons autant besoin d’obtenir le pardon que de le donner. C’est cette vérité et le regard d’espérance que le Père pose sur nous qui transforme peu à peu notre cœur de pierre en cœur de chair.

Le pardon n’est pas nécessairement un acte immédiat, ni un long fleuve tranquille. Il s’agit plutôt d’un chemin de patience, de persévérance et d’espérance durant lequel nos sentiments peuvent fluctuer. De fait, dans les moments où la tâche semble particulièrement pénible, nous pouvons demander au Seigneur, la grâce de pardonner à travers nous. Qu’importe le temps, toutes les fois que nous faisons un tel choix, nous avons l’espérance de la victoire avec le Christ Ressuscité. C’est par son Esprit que nous pouvons parvenir à la perfection à laquelle nous sommes appelés ; à la sainteté !

Pardonner, ce n’est pas non plus un oubli. C’est plutôt choisir de laisser le Seigneur guérir notre mémoire, afin que nous puissions parvenir à nous nous souvenir des événements et des personnes avec un cœur apaisé et contrairement à ce que l’on croit, le pardon ne rend pas la justice réparatrice caduque ni entraîne de facto la réconciliation. Celle-ci implique que la personne qui a commis l’offense pose un ou plusieurs actes acte de réparation pour reconstruire le lien qui a été brisé. La vérité exige cela et c’est le lieu d’un travail de restauration parfois lent et difficile qui peut nécessiter l’intervention d’une aide extérieure.

Par ailleurs, au tribunal de nos cœurs, à chaque verdict nous est donné un rappel particulier : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6 :12). Ce rappel inspiré de la prière enseignée par le Christ nous révèle que l’enjeu fondamental derrière le pardon est notre relation à Dieu. 

Ce rappel nous réintroduit dans le mystère de la Justice Véritable qui admet que nous ne sommes pas rendus justes par nous-mêmes, mais par la grâce du pardon de Dieu qui nous relève au quotidien, en dépit de nos nombreuses offenses à son Divin Amour.

« Détourne ta face de mes fautes… Crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu… Renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Rends-moi la joie d’être sauvé… » (Psaume 50,11-14)

Lorsque le pardon est consenti, nous sommes envahis de paix et de joie comme ce fut le cas dans la parabole de l’enfant prodigue, mais également avec le Christ ressuscité qui dans chacune des (7) rencontres avec les femmes et les disciples, exprimait la grâce de la Rédemption en donnant la paix à ceux qu’il rencontrait dans un esprit de joie festive. Pour conclure, le pardon est une démarche qui nécessite la conscience et l’accueil de la grâce. C’est ce consentement qui permet que le Seigneur réalise en nous cette belle œuvre de rédemption qui régénère d’une part notre relation avec lui, avec nous-même et dans le meilleur des cas, la relation avec l’autre.

Janys, José & Diamond

Photo par Louis Hansel sur Unsplash

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