TOP
Carême Diamond Journal

À la rencontre du Désert

La symbolique de la traversée du désert est souvent utilisée pour décrire les moments difficiles par lesquels on peut passer au cours de sa vie. C’est également un thème récurrent dans le vocabulaire judéo-chrétien. En effet, le désert occupe une place importante dans la destinée du Peuple d’Israël qui, après avoir été délivré de siècles d’esclavage en Egypte, y passe 40 années… Il est également le lieu où le Christ est conduit par l’Esprit-Saint après son Baptême pendant 40 jours et 40 nuits, y subissant les assauts répétés du diable…

Mais quels enseignements pouvons-nous tirer de l’expérience de ceux qui nous ont précédé en ce lieu désolé ? Le désert a-t-il un sens ? Scrutons les écritures… 

« Comme un homme éduque son fils, ainsi le Seigneur ton Dieu fait ton éducation. » – Dt 8,5

Le désert est souvent associé à l’épreuve. Mais qu’est-ce-que l’épreuve ? 

Dans le langage courant, quand on parle d’épreuve, cela rime souvent avec malheur, tristesse ou désolation. Pourtant l’épreuve est définie premièrement comme ce qui permet de juger de la valeur de quelqu’un ou de quelque chose. C’est un « test » ou un « examen » qui a pour but de révéler la qualité d’un être ou d’une chose. C’est l’un des enjeux majeurs de l’expérience d’Israël dans le désert à qui Dieu déclare :

 « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur : allais-tu garder ses commandements, oui ou non ? » (Dt 8,2)

Ces paroles révèlent bel et bien une volonté divine de tester son peuple; le désert apparaissant ici comme le lieu où Dieu examine les dispositions intérieures de l’homme. C’est un lieu de vérité, le lieu où l’homme est mis face à ce qu’il est au fond de Lui tout en découvrant ce que Dieu est pour lui…

« Mon épouse infidèle, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur. » – Os 2,16

Dans le deuxième chapitre du Livre d’Osée, le Seigneur se désole devant les « infidélités » de son Peuple et le mépris de ses prescriptions. Des ordonnances qui sont d’une importance capitale en ce qu’elles définissent le cadre dans lequel Dieu garantit à l’homme sa vie et son bonheur. Mais l’histoire de l’homme depuis son commencement montre qu’à de multiples reprises, il a ignoré les recommandations de Dieu, sombrant ainsi dans la confusion et la ruine. Un Dieu qui, en dépit des errances de sa créature, reste fidèle à son désir de la faire vivre et entreprend de la Sauver.

Une oeuvre de Salut qui passe également par le « désert » qui devient ici lieu de « purification » et de « réconciliation ». L’homme y est invité par Dieu afin d’être libéré de ce qui l’a corrompu et de se réconcilier avec sa vocation originelle. Disponible à la Parole de Dieu et à sa grâce, il peut accueillir à nouveau le don de Dieu, seul capable de le ramener sur le juste chemin. 

« la Femme s’enfuit au désert, où Dieu lui a préparé une place, pour qu’elle y soit nourrie » – Ap 16,2

Le livre de l’Apocalypse dépeint la vision dramatique d’une femme auréolée de soleil, qui après avoir mis au monde son fils sous la menace d’un dragon incandescent, s’enfuit dans le désert pour y trouver un refuge préparé par Dieu. N’est-ce-pas étrange ? Le désert qui est généralement associé à un lieu de grande pénibilité fait ici office de terre d’asile. La femme y trouve un abri, qui plus est apprêté par Dieu dans lequel elle reçoit de Lui sa nourriture. N’est-ce-pas rassurant de voir que contrairement à toutes les idées reçues, le désert peut également servir à nous protéger ?

Face à tout ce qui peut compromettre notre vie et notre Salut, Dieu l’utilise comme un refuge. On y est mis à part, à l’écart, afin d’être gardé en vie et en sécurité, au jour des persécutions. Le désert devient lieu de ressourcement. 

« C’est lui qui change le désert en étang, les terres arides en source d’eau » – Ps 106,35 

Toutefois, et ce quelles que soient les raisons par lesquelles l’homme doit traverser un désert au cours de son itinéraire humain et spirituel, il faut se souvenir que ce n’est qu’un lieu de passage. On a pas vocation à y demeurer…

En définitive, les écritures nous permettent de découvrir derrière l’expérience parfois amère du désert, un Dieu éternellement bienveillant et dont l’Amour est capable de faire vivre son Peuple en toute circonstance et en toute saison. C’est donc avec une confiance absolue dans la personne de Dieu et en ses desseins, que nous sommes invités à vivre nos propres passages à vide ou à purifier l’espace de nos vies, dans l’espérance de la Terre Promise… Bon Carême à tous et à toutes !

Photo par Nathan McBride sur Unsplash

«

»

what do you think?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :