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LE PAIN DE CE JOUR

Lundi, 6ème Semaine du Temps Ordinaire – C1

« Au temps fixé, Caïn présenta des produits de la terre » ( Gn 4,3a )

Gn 4,1-15.25 … Ps 49(50) … Mc 8,11-13

Ce qui me frappe à la lecture du texte de la Genèse d’aujourd’hui, c’est la centralité de la vertu de Religion dans la vie des hommes. En lisant ce verset : « au temps fixé, Caïn présenta des produits de la terre en offrande au Seigneur » ( Gn 4,3 ), je me suis demandé par qui le temps fut fixé ? Pourquoi l’auteur suppose naturel qu’à la fin de la saison, Caïn et Abel apportent des offrandes au Seigneur ?

On peut logiquement supposer qu’enfants, ils aient vu leurs parents le faire. Mais d’où est partie cette tradition ? Souvenons nous de ce que nous dit Dieu au quatrième jour de la Création : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit, qu’ils servent de signes tant pour les fêtes que pour les jours et les années, et qu’ils servent de luminaires au firmament du ciel pour illuminer la terre » ( Gn 1,14-15 ). Ainsi, l’une des trois fonctions des astres du ciel est de marquer le temps des fêtes religieuses, des temps particulièrement dédiés au Seigneur. La première fête marquée et qui aurait dû, me semble-t-il, être la seule était le Sabbat, le repos du septième jour. Mais après la chute, après que le Malin ait semé en nos cœurs le doute de la Parole de Dieu et le désir orgueilleux d’autosuffisance, il est devenu nécessaire de marquer de nouvelles fêtes.

En début de la saison des récoltes donc, « Caïn présenta des produits de la terre » et « Abel présenta les premiers-nés de son troupeau, en offrant les morceaux les meilleurs » ( Gn 4,3-4a ). Pourquoi à ce temps là ? Car présenter au Seigneur les premiers fruits de sa récolte est une marque de dépendance totale au Seigneur. S’il arrivait qu’après avoir sacrifié ses premiers grains au Seigneur le reste de la récolte soit endommagé, que deviendrions-nous ? Ainsi remettre à Dieu le meilleur de nos fruits c’est reconnaître d’une part que tout est un don de Lui à nous, et d’autre part que nous dépendons de Lui pour notre simple souffle de vie.

La vertu de Religion est la vertu par laquelle nous reconnaissons à Dieu sa primauté et Lui exprimons notre amour. Elle n’est pas vécue comme un échange marchant où nous Lui donnons quelque chose en attendant quelque chose d’autre en retour, mais plutôt comme un devoir que nous avons envers son amour immense, afin de tuer en nous l’orgueil qui nous a éloigné de Lui. Lorsque nous nous rendons à la Messe, ce n’est pas premièrement pour notre nourriture spirituelle, et moins encore notre divertissement, mais plutôt pour remplir notre devoir d’action de grâce et d’adoration envers Dieu.

Nous venons reconnaître avec Ève que tout ce que nous accomplissons, nous le faisons « avec l’aide du Seigneur ! » ( Gn 4,1c ) C’est pourquoi Dieu reçoit le premier fruit, la meilleure part de notre récolte ; Abel le lui a offert et Caïn ne l’a pas fait. C’est pourquoi, « Le Seigneur tourna son regard vers Abel et son offrande, mais vers Caïn et son offrande, il ne le tourna pas » ( Gn 4,4b-5a ). Offrons le meilleur de nos talents, de nos efforts au Seigneur ; faisons de Lui la priorité dans nos vies et tout le reste nous sera donné en plus. Sinon, « le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer. » ( Gn 4,7bc )

Alors plutôt que de poursuivre signe sur signe, miracle sur miracle comme les pharisiens dans l’Évangile ( Mc 8,11-12 ), demandons nous plutôt comment rendre grâce à Dieu au quotidien en Lui offrant notre devoir de Religion. Par l’observation des Fêtes et des Saisons de l’Église, nous commençons à remplir cette tâche et rendre à Dieu toute louange et toute gloire.

😇 PAX ET BONUM 😇

Réflexion par Fra. Baudry Metangmo, OFM Cap

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