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LE PAIN DE CE JOUR

Samedi, 5ème Semaine du Temps Ordinaire-C1

« le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » » ( Gn 3,9 )

Gn 3,9-24 … Ps 89(90) … Mc 8,1-10

Quand l’homme eut désobéi à Dieu, « le Seigneur Dieu l’appela et lui dit : « Où es-tu donc ? » » ( Gn 3,9 ) Ce verset nous présente le cœur de Dieu qui sera dévoilé tout au long de l’histoire du Salut. Alors que nous étions encore dans le péché, cachés de sa face par la honte de notre désobéissance, c’est Dieu qui le premier s’est lancé à notre recherche. Nous nous cachons de sa face parce que sa lumière expose nos manquements, nos taches d’ombre ; sa Sainteté met à nu nos imperfections. Pourtant, Il ne cesse de nous aimer, même lorsque par souci de justice Il doit nous punir. 

Lorsqu’il renvoya Adam et Ève du jardin d’Éden, « le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en revêtit  » ( Gn 3,21 ). Eux qui se regardaient jadis avec admiration et respect mutuel ( Gn 2,25 ), maintenant ne pouvaient plus se regarder sans s’objectifier l’un et l’autre. Dieu les aide donc à garder du respect l’un pour l’autre malgré leur péché. Cependant son souci pour eux va  au-delà de couvrir l’effet du péché ; Dieu veut tout donner pour y remédier. C’est ainsi qu’il prononce cette prophétie que les Pères de l’Église ont appelée le « proto-euangelion » ou Premier Évangile : « Je mettrai une hostilité entre toi [le Serpent] et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon  » ( Gn 3,15 ). La promesse d’un Sauveur qui naîtra de la semence d’une femme pour écraser la tête du Serpent vient avant même que l’homme et la femme ne se soient repentis de leur péché. Tel est l’amour infini du Père qui court sans relâche après nous depuis la nuit des temps ; Il nous aime assez pour venir à notre rencontre où que nous soyons, aussi embourbés dans le péché que nous soyons. Il nous aime trop pour nous y abandonner.

C’est pourquoi lorsqu’il se trouve face à l’homme et la femme, Il leur pose ces questions, respectivement : « Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Aurais-tu mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » et « Qu’as-tu fait là ? » ( Gn 3,11.13a ) Ce n’est pas que Dieu ne sache pas exactement ce qui s’est passé dans le Jardin, mais Il donne à l’homme et la femme l’opportunité de prendre leurs responsabilités, d’assumer leur faute, et demander pardon. Le pire dans la vie n’est pas de faiblir et de pécher, mais de ne pas s’en repentir, de ne pas accepter les conséquences de nos actions, et surtout de ne pas embrasser la miséricorde du Père. Et c’est bien ce que firent Adam et Ève : le premier accusa Dieu et sa femme, la seconde accusa le Serpent. Chacun rejette sa faute sur un autre afin de ne pas avoir à faire face à son propre péché. 

Avons-nous beaucoup changé depuis lors ? Pas vraiment ! On trouve toujours une façon de se dédouaner : « Au moins moi je ne suis pas comme un tel… »« Est-ce que ce que je fais est pire qu’un tel…? » On veut toujours dire à Dieu de regarder vers un autre, car nous avons toujours peur de sa lumière. Mais cette peur révèle bel et bien le besoin que nous avons d’elle dans nos vies, car si on continue de se cacher de la face de Dieu, nous nous cacherons au final de nous-mêmes et jamais nous ne trouverons le bonheur.

Faisons donc confiance à la main tendue du Dieu d’amour qui se révèle pleinement en Jésus-Christ. Il est rempli de compassion pour tous les assoiffés d’amour ( Cf Mc 8,1-2 ). Si nous demeurons à sa suite malgré les chutes, nous sommes certains que sa grâce nous tiendra jusqu’au bout. N’ayons pas peur de demander pardon, d’assumer nos fautes car Il les a déjà pardonnées, et sachons que les confesser nous décharge de leur poids et écrase la tête du Serpent.

😇 PAX ET BONUM 😇

Réflexion par Fra. Baudry Metangmo, OFM Cap

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