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LE PAIN DE CE JOUR

« Voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! » (Gn 2,23a)

Jeudi, 5ème Semaine du Temps Ordinaire – C1

Gn 2,18-25 … Ps 127(128) … Mc 7,24-30

La fin du chapitre 2 de la Genèse nous montre comment Dieu révèle l’homme à lui-même ! Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul  » ( Gn 2,18a ). Pour la première fois dans l’histoire de la création, Dieu affirme un manque ; l’absence d’un bien. Mais c’est un manque que Dieu connaît et auquel Il veut et va remédier. Il va donc créer les animaux et les envoyer à l’homme. Pourquoi ? Dieu ne saurait-il pas qu’ils ne sont pas « une aide qui lui correspondra » ( Gn 2,18b ) ? Non ! C’est pour nous qu’il le fait, afin que nous découvrions qui nous sommes en contraste avec les autres animaux, que nous ne sommes pas comme les autres créatures mais que nous avons une constitution différente : « l’homme… ne trouva aucune aide qui lui corresponde. » ( Gn 2,20b )

Il est important de noter qu’à ce niveau de la narration, l’homme n’est plus désigné par le générique « Adam », qui veut dire Créature de la terre, mais par le mot « Ish », qui signifie mâle. Ainsi, l’homme ne se voit plus simplement comme une Créature tirée du ventre de la terre, mais comme une personne distincte et pourtant vouée à l’autre. Sa solitude originelle l’appelle non seulement à la dépendance à Dieu, mais à la communion avec un autre, ou plutôt une autre qui lui soit complémentaire, « aide qui lui corresponde ». 

Ainsi la femme n’est pas l’object de satisfaction d’un manque ou d’un désir primaire en l’homme, mais bel et bien celle qui le complète et lui révèle sa pleine identité, et vice-versa : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! » ( Gn 2,23a ) Elle n’est pas une Créature comme les autres, faite de poussière sans infusion de vie divine, mais une Créature égale à lui, faite de la même dignité que lui : tirée du pied, elle aurait été son esclave ; tirée de la tête, il aurait été son esclave ; mais tirée de sa côte, elle partage sa dignité. « On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish  » ( Gn 2,23b ). Il ne la nomme pas comme il nomme les animaux dont il a la gouvernance, mais elle partage son nom car elle fait partie de lui : Tous deux ne font qu’une chair ( Gn 2,24 ) !

Si dans ce passage la profondeur de l’unité et de la complémentarité de l’homme et de la femme accomplie dans le mariage est clairement révélée,  une réalité plus large se présente à nous. Nous sommes des êtres de communauté et non pas solitaires ; nous sommes faits pour les autres et pas que pour nous-mêmes. De fait, notre visage n’est pas vu par nous-mêmes mais par les autres qui nous révèlent qui nous sommes. Ainsi, nous comprenons que nous sommes liés les uns aux autres et que même notre foi n’est pas faite que pour nous. C’est pourquoi on ne peut séparer foi et œuvres de foi. La foi persistante et dépourvue d’orgueil de la Syro-Phénicienne nous montre bien que la foi d’une personne peut impacter le bien-être d’une autre. Maintes fois dans l’Évangile cela nous est révélée : Jarius et sa fille, les quatre amis du paralytique, etc. Si nous apprenons à nous connaître nous-mêmes et à nous offrir en cadeau et en sacrifice pour les autres, alors nous devenons pleinement les êtres que Dieu a créé. Que la grâce de Dieu nous y aide. 



😇 PAX ET BONUM 😇 



Réflexion par Fra. Baudry Metangmo, OFM Cap

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