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Journal Okédjè

Je suis différente de ce que tu es !

Qu’est ce que cela peut être pénible de ne rien pouvoir dire ou faire sans que quelqu’un se sente indexé par notre action, nos mots ou ce que nous sommes. L’autre jour (il y a très longtemps), après avoir lu mon article, une connaissance m’a dit très gentiment: « Tu es axée christianisme dans ton texte, est-ce que cela veut dire que les autres ne sont pas concernés ? »

Ce n’était pas la première fois que j’entendais ce type de phrases. Le pire, c’est que c’est toujours des chrétiens qui me font cette remarque. Je vous avoue que ça m’a littéralement agacé.

Ce que je suis n’est pas une exclusion à ce que l’autre est !

Parler de Jésus et du christianisme, pour reprendre cet exemple n’est pas un frein à celui qui voit au-delà de ce qui peut diviser. Être noire et revendiquer avec fierté ce que je suis, n’est pas un hymne anti-blanc. Ne pas cautionner certaines pratiques religieuses ou ne pas être attaché à certaines pratiques dites ancestrales, n’enlève en rien mon africanité.

L’autre est un miroir qui vient révéler notre pleine singularité. C’est parce qu’il est là que je sais que je suis LA SEULE moi.

Pendant de très nombreuses années, j’avais du mal à me réjouir des succès d’autres personnes. Pour moi, cela était une manière de me renvoyer à mes échecs. Grand mirage ! Le jour où j’ai compris que ce que j’étais n’avait pas d’incidence significative dans la vie de l’autre et inversement, je me suis libérée !

C’est un peu énervant d’avoir à se contenir sous prétexte que dire ce que nous sommes, ce que nous pensons (dans le respect et la charité, bien évidemment) peut empêcher des gens d’adhérer à notre cause. Si tant est que cela en soit une (cause).

Nous ne sommes pas là pour faire l’unanimité.

Nous avons le droit de ne pas nous retrouver dans ce que sont les autres ou dans leurs propos; c’est la vie ! Il faut faire avec ou passer son chemin. Si quelqu’un se sent exclu par une façon dont sont abordées les choses, c’est qu’elle n’est peut-être pas la bonne cible. En aucun cas l’on devrait être muselé, de peur que certains se sentent mal à l’aise. Aucune différence, tant qu’elle ne met pas en danger les principes fondamentaux et les valeurs, ne devrait être source de séparation ou d’exclusion.

Combien de fois sommes-nous exclus, blessés, frustrés vis à vis de dires ou faire d’autres, qui ne connaissaient même pas notre existence ?

Tiens, la dernière fois que cela m’est arrivé, j’ai tout simplement chosisi de ne plus suivre la personne sur les réseaux sociaux. Je ne partageais pas son point de vue que je trouvais violent, peu charitable et malsain. Ne pouvant faire une dissertation pour la raisonner (les réseaux sociaux ne sont pas les meilleurs plateformes), j’ai tout simplement décidé de me désabonner. Je ne suis pas restée à jouer le jeu dangereux du  « je t’aime… moi non plus ». Oú malgré ce que je considère comme un rejet, je continue d’observer tous ses propos et chercher d’autres preuves d’exclusion.

La valeur de mon « Je suis », n’enlève absolument rien à ce que tu es. Lorsque nos différences sont trop profondes, nous pouvons avancer ensemble en échangeant, ou séparément en se laissant.

Il arrive que le raisonnement des uns et des autres soit faussé. Rien n’empêche de le dire de manière respectueuse. Il y a des personnes dont la vocation est de toujours dire aux autres qu’ils se trompent. (RIRES).

Cependant, ce n’est pas avec la force que l’on peut faire changer la pensée de quelqu’un. Cela arrive même que de temps en temps, il nous faille le suivre dans son délire pour avoir une chance de le faire revenir sur ce qu’on appelle le « droit chemin ». Il faut parfois du temps et de la patience pour emmener quelqu’un qui se trompe de chemin sur la bonne voie. Parfois, il faut même abonder dans son sens pour tenter de lui faire changer de chemin.

Jésus-Christ (encore LUI) à Emmaüs, l’a fait. Si tu ne connais pas l’histoire, je t’invite à aller fouiller dans la bible. Tu peux aussi demander à Google. La référence est Luc 24 : des versets 18 à 35.

Être soi, c’est aussi accepter que l’autre ne soit pas au même niveau que soi et n’ait pas forcément envie d’y être. Tuer le « je suis » de quelqu’un, c’est accepter de mourir en se jetant avec lui.

L’altérité est la force qui donne à un être de grandir et de s’élever

Apprenons à manifester un peu plus de tolérance et de détachement quant à la différence des autres. Et que celle-ci n’empiète pas sur notre façon d’être et n’empêche pas le fait qu’ils puissent marcher avec nous.

Source : OKédjè’s Testimony

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Photo par LOGAN WEAVER sur Unsplash

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2 COMMENTS
  • Sophie Abinan
    3 mois ago

    Très bel article. Comme on dit je suis responsable de ce que je dis et non de ce que tu comprends.

  • Marlène
    3 mois ago

    Merci Okedje… Tellement vrai ce que tu écris !!! J’ai longtemps fait la guerre aux réseaux sociaux au point de ne plus rien y poster parceque je trouvais qu’on y trouvais tout et n’importe quoi 😅. Et que mon identité ne matchait pas avec ce que j’y voyais. Jusqu’au jour où j’ai compris que mon identité ne matcherait jamais totalement avec ce que je voyais et que me contenir et critiquer sans changer les choses matchaient encore moins avec mon identité.
    Comme tu le dis si bien, nous ne sommes pas là pour faire l’unanimité et de même pour les autres.

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