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Josée Journal

Quelle est celle-ci ?

Alors que nous célébrons la fête de l’Assomption, j’aimerais avec vous honorer la Mère que le Seigneur nous a donné en son Fils, et pour ce faire, je souhaiterais m’attarder sur une phrase testamentaire qu’il nous a laissée…

Il y a quelques années, une amie me demandait où il était marqué dans la bible qu’il fallait aimer et prier la Vierge Marie. J’avoue, cette question m’avait attristée, mais en offrant ma peine, je ne cessai de demander au Saint-Esprit d’éclairer mon intelligence sur Sa Parole car il en est l’auteur, et de me donner les bons mots. Aussitôt, telle une chanson, cette parole retentit dans mon cœur : 

« Voici ta mère » –

Cette parole se répétait tant et si bien en moi que j’ai cherché sur Google la référence du verset (ne connaissant pas à ce moment la référence exacte). Il s’agit de jean 19:25-27, en plein cœur du récit de la Passion du Christ. En contemplant ce verset encore et encore, plusieurs petites lumières m’ont éclairées au sujet de « maman Marie », et c’est cela que j’aimerais partager avec vous.

Comme le disait St Jean-Marie Vianney le Curé d’Ars, elle est doublement notre mère : d’une part par l’Annonciation et d’autre part, par la Crucifixion. En effet, ces deux événements préfigurent respectivement l’enfantement du Messie et l’enfantement d’une nouvelle humanité, sauvée et rachetée par Le Christ.

Bien souvent, on se méprend sur le terme employé par Jésus pour appeler sa mère : « Femme » . Pour ceux qui y voient du mépris, il y a une erreur fondamentale car le Christ qui est Dieu, un Dieu Amour qui plus est, ne peut éprouver quelconque mépris pour l’humain. Encore moins pour celle qu’Il a choisi librement pour se faire chair et se donner au monde. Lui qui est venu accomplir la Loi (loi de l’Amour) ne nous apprend-t-il pas au contraire à aimer et honorer nos parents en vérité ? Comment ne le ferait-Il pas pour celle qui est sa mère, la Mère de Dieu ?

Cependant, comment entendre ce terme FEMME au lieu de maman dans notre 21e siècle ? En vérité, « Femme » peut être entendu avec la plus grande solennité de la part de Jésus car Il est révélateur de la destinée de l’humble servante de Nazareth, pour l’humanité.

Même si elle peut sembler distante ou déconcertante au premier abord, cette appellation est là pour nous signifier la fonction et le rôle de Marie dans le plan de Dieu : sa vocation ! Dans Genèse 3, Il nous est annoncé par Dieu que des suites du péché originel, naitrait une inimitié entre la femme et le serpent, et que la descendance de ladite femme écraserait la tête du serpent ! Cette descendance qui écrase celle du serpent, c’est tout d’abord Jésus, le nouvel Adam qui apporte la vie et le salut au monde, mais également c’est tous les disciples qui seront enfantés spirituellement par le sacrifice de la Croix.

C’est d’ailleurs à dessein qu’au début de son ministère, Jésus emploie la formule « femme » pour s’adresser à sa mère, référant à sa mission d’intercession (médiation) auprès de Lui, qui est notre médiateur auprès du Père. Ce terme nous permet donc de comprendre que Jésus ne nous donne pas Marie en raison de son lien de sang seulement, mais surtout au nom de sa vocation toute particulière. Il nous demande de l’accueillir non pas parce qu’elle l’a allaitée (Luc 11 :27), mais plutôt parce qu’elle a été celle qui d’une manière unique et extraordinaire a écouté et gardé le Verbe de Dieu au point de le mettre au monde ! 

« Voici ton Fils »

Jean est ici présenté de manière anonyme. C’est fait à dessein car au-delà de sa singularité, est représenté un collectif que souligne l’anonymat. Il s’agit de l’ensemble de ceux qui croient en Son Nom et à qui Il a donné de pouvoir devenir également FILS de Dieu : L’Humanité Nouvelle… C’est à elle que le Christ en croix, nouvel arbre de vie, confie celle en qui l’église reconnait la nouvelle Ève, celle en qui la vocation de la Femme est restaurée, la Mère et la Vivante En Dieu.

Quel cadeau pour le peuple des rachetés et quelle victoire pour la femme, tristement marquée du sceau de la malédiction par la jalousie du serpent.

Il est stupéfiant de voir à quel point en s’incarnant dans le monde, Dieu habite la réalité de la famille. Il se choisit une mère, pour l’aimer et en être aimé, la comblant de grâce tout en ne la gardant pas pour Lui. Au contraire, Il nous la donne comme icône de sa proximité humaine, modèle de toutes les vertus théologales (foi, espérance, charité) et témoin privilégié, à la fois de ses affections et de ses Mystères.

Les versets qui suivent renforcent cette dignité de manière assez profonde. Lorsque Jésus vit que « tout était accompli » (Jn 19:28), il dit : « J’ai soif » ; un soldat lui apporte alors du vinaigre q’Il boit, avant de remettre l’Esprit. Un moment fort se produira ensuite : on lui perce le côté d’où s’écoulent de l’eau et du sang !

Le souffle final du Christ et la fente de son côté sont des images fortes qui nous ramènent à la Genèse, dans le deuxième récit de la Création. Rappelons-nous, lorsque Dieu façonne Adam (l’humain), Il lui donne vie en lui insufflant l’Esprit. À la Croix, l’humanité marquée par le péché et la mort est ramenée à la vie nouvelle dans le souffle ultime du Dieu incarné : Le peuple nouveau est enfanté par une nouvelle effusion ! Par ailleurs, dans la torpeur que Dieu fait tomber sur Adam, Dieu sépare par le côté l’homme et la femme. Aussi pouvons-nous découvrir dans la blessure infligée au flanc du Fils de l’Homme endormi dans la mort : L’Église, épouse mystique, née des eaux du côté transpercé du Nouvel Adam.

« Marie qui avait enfanté virginalement le fils de Dieu enfante spirituellement l’humanité dans une douleur qui l’unit à celle de Jésus crucifié » (Guillaume de la Menthière). 

Toute personne qui accueille Marie, découvre qu’elle ne vient en rien prendre la place de Christ, au contraire ! Elle nous conduit plus intimement vers Jésus, telle est sa vocation. Elle nous est donnée ici-bas comme une mère qui nous console, nous garde et nous conduit dans le mystère divin, nous apprenant à être des disciples. Ainsi, comme St Jean, n’ayons pas peur de nous saisir de cette parole de Jésus, n’ayons pas peur d’ouvrir nos demeures à Marie ! Jésus l’a associée à ses dernières volontés…

Pour terminer, j’aimerais vous laisser avec cette belle réflexion de Martin Luther, qui contrairement aux idées reçues, avait énormément de révérence et d’affection pour la « Mère de Dieu » : 

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« Les GRANDES CHOSES ne sont pas autre chose que ceci : elle est devenue la Mère de Dieu en une telle oeuvre sont données tant de dons et de si grands biens que personne ne peut les comprendre. De cela lui vient tout Honneur, toute Béatitude, ainsi que sa position Singulière dans Toutes les générations humaines, parce que personne comme elle n’a eu du Père céleste un enfant et un enfant semblable. Et elle-même ne peut pas lui donner un nom pour sa grandeur immense, et ne peut que déborder d’amour, car ce sont de grandes choses qu’on ne peut ni exprimer ni mesurer. Donc par un mot, en l’appelant « Mère de Dieu », on comprend tout son honneur ; on ne peut ni lui dire, ni dire d’elle rien de plus grand, même si on avait autant de langues que sont les feuilles et l’herbe, les étoiles du ciel et le sable de la mer. Aussi le cœur doit réfléchir sur ce que signifie être la MÈRE DE DIEU »

( Luther, le Magnificat )

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Josée-Maria

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Photo par Mateus Campos Felipe sur Unsplash

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5 COMMENTS
  • Manuela
    5 mois ago

    Très belle image de notre mère Marie qui nous pousse à l’aimer encore plus. Avec ce jour de la fête de Notre dame de Fatima c’est un beau clin d’oeil. Merci, c’est bien écrit.

    • José-Maria
      5 mois ago

      Merci beaucoup!! Je rends grâce à Dieu que ce clin d’oeil te parle🙏🏾🌹
      Vraiment, n’ayons pas peur de l’aimer car elle nous rapproche du coeur de notre doux Jésus!

  • Henri
    5 mois ago

    Très bel article qui me réconforte encore plus dans l’idée que Marie est importante et qu’il faut la prier.

    • José-Maria
      5 mois ago

      Merci beaucoup! Et je rends grâce que cela te réconforte dans ta dévotion mariale 🙏🏾
      Il n’y a pas d’injonction, mais recourrir à son intercession auprès de Jésus pour nous (la prier), est un merveilleux don de Dieu!

  • Yvana
    5 mois ago

    Bravo!

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